mercredi 21 décembre 2011

La sinusite et la vieillesse, pire que la procrastination

Dix jours que ça dure.

Dix jours à me lever avec l'impression de m'être enfoncé 2 kilos de pâte à modeler dans les narines.

Dix jours à avoir la voix d'un personnage de dessin animé attardé.

Dix jours à m'en vouloir de ne pas me reposer parce que je veux faire mille mots par jour même s'il 1h30 du matin.

Quand mon tympan a bouché d'un côté y'a trois jours, j'ai compris qu'il fallait que je me repose.

J'ai pris trois jours de pause, ce qui repousse mon échéance de quelques jours. Pas grave, je m'étais laissé un jeu (je me connais quand même, j'ai une tendance à la procrastination).

La sinusite, la maladie de façon générale, est pire que la procrastination. Quand je remets les choses à demain volontairement, je m'assume et - je l'avoue - c'est même agréable. Quand je suis malade, on dirait que mon corps refuse de suivre mon cerveau.

Le pire, c'est que je sais que la vieillesse mène au même résultat. Pire encore, je sais que si je ne me prends pas en main davantage, je ne pourrai pas écrire autant quand j'aurai 50, 70 ou 90 ans. Encore là, si ça affectait seulement mon écriture, je n'en mourrais pas. Mais je sais que la vieillesse et la maladie m'empêcheront un jour de jouer avec mes enfants ou mes petits-enfants. Le père de ma blonde, à 52 ans, ne pouvait déjà pas courir avec ma fille. Ni jouer à quoi que ce soit de physique. Je ne veux pas que ça m'arrive.

Alors je me botte le cul. En plus de faire mille mots par jour, j'ai aussi remplacé mon litre et demi de coke diet par du thé. Depuis septembre, je fais du taï-chi une fois semaine pour redonner à mon corps la souplesse nécessaire à un entraînement physique quotidien... que je débuterai en janvier ;)

vendredi 16 décembre 2011

Comme sur un high de LSD

Une collègue auteure écrivait récemment à propos des frissons d'auteur. La réponse de plusieurs d'entre nous a bien montré qu'elle n'était pas seule à vivre ce phénomène. Je peux résumer en disant que, un frisson d'auteur, c'est quand, au moment de débloquer dans le récit, l'auteur ressent un frisson (picotement, chaleur, etc.) des cuisses, de la nuque et/ou du crâne. Si c'est trop flou, allez lire le billet d'Isa.

Mais voilà, moi, je ne me souviens pas avoir eu de frissons d'auteur. J'en ai sûrement, mais je suis trop dans le jus pour y réfléchir ou bien je m'y suis habitué. Par contre, je sais que, quand je "pogne de quoi", c'est-à-dire quand je trouve un punch, un dénouement à mon ficelage ou une surprise, je tombe sur un "high" semblable à celui qu'on ressent sur le LSD. Rassurez-vous, je ne loge plus à cette enseigne. Cela dit, mon corps a gardé souvenir des sensations enivrantes du LSD.

Des fois, ça peut durer deux ou trois jours (pas le LSD, mais le "high" d'écriture). Je dors peu, je suis excité et j'ai le goût et le besoin d'écrire autant qu'un lapin a le goût de lapiner. La sensation qu'on a, quand on finit les dernières lignes du premier jet (locution à connotation sexuelle, ma foi), on ressent une satisfaction très près de celle qu'on a quand on retombe dans le lit en se disant "ouais, c'était bon." Pour preuve, les fumeurs, n'hésitent pas une seconde à s'allumer une bonne cigarette après avoir terminer une phrase sensationnelle.

Imaginez maintenant que de lire un bon livre, pour un auteur - pour moi, en tout cas -, c'est comme faire un buvard ou voir un film de cul. On est stimuler, on veut produire à notre tour. Parce que c'est meilleur quand on le fait nous même. Alors, seulement alors, on vit un frisson qui se rapproche du kick de la drogue, du sexe... et du chocolat, pour certaines :-P

Pensez à ça. Pensez aux sensations fortes. Stephen King prenait de la coke et se saoulait au rince-bouche quand il a écrit les Tommyknockers, si c'est pas ça, chercher les sensations. Pensez au nombre incroyable d'auteurs qui boivent trop. Pensez à Beigbeder, Bukowski, Mistral, etc.

Allez, je retourne écrire. Parce que je sais que vous êtes comme moi et que vous adorez que vos lecteurs vous disent : "C'était super bon. J'ai vraiment aimer ça !"

lundi 12 décembre 2011

Mon projet secret

Bon, je veux bien vous en glisser un mot.

Je travaille depuis la fin octobre à un projet réaliste pour une maison d'édition qui s'adresse au public adolescent.

Ce qui est nouveau pour moi, c'est que l'histoire n'est pas de la SF, ce qui n'est pas si troublant, et que je raconte une histoire vraie.

Et ça, c'est spécial. Soyons clairs, l'histoire vraie que je rapporte se concentre davantage sur les événements. C'est-à-dire que je dois remplir certains passages (qui ne portent pas directement sur les événements) avec mon imagination. Malgré tout, j'ai tendance à me baser sur les témoignages pour avoir les descriptions physiques. Finalement, je me retrouve parfois à craindre d'être trop dans la chronologie et pas assez dans le vécu. C'est le premier jet, c'est sûr, mais je garde ça en tête.

L'autre chose inhabituelle, c'est que je suis toujours le conseil de Stephen King selon lequel on doit toujours écrire le premier jet la porte fermée. C'est ce que je fais normalement, mais, pour ce projet, j'envoie chaque jour mon texte à la personne concernée par le récit. Je le fais surtout par acquis de conscience, mais je sais que, parfois, ça peut lui donner l'occasion de débloquer sur certains détails jusque là oubliés.

Dans les derniers jours, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir un courriel qui me disait que mon lecteur a pleuré en lisant un passage du manuscrit. Wow! Quel compliment!

Alors je continue. J'attends impatiemment d'autres témoignages pour compléter certains passages, mais je dois absolument faire mes 1 000 mots par jours, coûte que coûte !

jeudi 8 décembre 2011

Ma comparution en cour

Intrigant, n'est-ce pas?

Eh oui, je ne voulais pas en parler sur mon blogue tant que le dossier n'était pas entendu.

En gros, beaucoup le savent, je roule toujours 100 km/h sur l'autoroute, parfois 90 (surtout en Westfalia). C'est un choix environnemental (la voiture consomme moins et ce qui est consommé est mieux consommé), mais c'est aussi un choix monétaire (1,50$ par 100 km) et, surtout, un choix zen (on est plus détendu et on en veut moins aux attardés qui coupent à gauche parce qu'ils roulent 1 km/h plus vite que le gars en avant d'eux).

Tout ça pour dire qu'il m'est arrivé une chose très bizarre en mars 2010. J'étais en congé et je roulais paisiblement sur l'autoroute. À la hauteur de la borne 155, je suis intercepté par un policier qui me donne une contravention. Il me dit que je roulais à 128 km/h.

Même si c'est impossible, ce que j'explique tant bien que mal à l'agent, ça ne change rien. Arrivé à la maison. J'envoie mon plaidoyer de non-culpabilité tout en demandant une copie des constats d'infraction.

La semaine dernière, je passais en cour. Sur les 30 plaidants, 10 se sont présentés. Sur les 10, 8 ont pris des ententes hors-cour avec le procureur. Quand je lui ai dit que je roulais à 100, il m'a proposé de baisser la vitesse constater à 119, mais j'ai refusé parce que je croyais en la justice (assez naïf, non?).

J'étais seul avec l'agent de sécurité à qui j'avais tout raconté. Il me regardait avec sympathie et me racontait des anecdotes où la justice a puni les gens honnêtes. Finalement, j'ai comparu. J'ai raconté ma version des faits. Ensuite, le procureur m'a questionné sur des incohérences dans ma version (qui pourtant est vraie...). Enfin, le juge a soulevé que les interventions du procureur étaient bonnes, mais que je paraissais sincère et que, par conséquent, j'étais acquitté.

L'honnêteté a triomphé. Mon opinion de la justice à monter d'un bon centimètre.

samedi 3 décembre 2011

On ne se mentira pas

Il y a des choses que les parents ne vous diront jamais. Je vais vous en dire quelques unes.

1- Notre enfant est le meilleur. Si nous en avons deux, ils sont tous les deux les meilleurs. Peu importe l'enfant, le parent est capable de lui trouver un domaine où il est meilleur que tous les enfants du monde - et c'est sincère, en plus !

2- Dans les spectacles d'école, on se sacre pas mal des autres enfants. On va peut-être en trouver un cute, mais c'est parce que notre enfant n'est pas sur le stage.

3- Quand on voit le bébé de quelqu'un d'autre, on a beau sourire et dire "y'est donc bien beau". C'est soit une grosse menterie sale, soit un compliment qui sous-entend "mais si t'avais vu mon bébé t'aurais eu des complexes".

4- On a beau dire aux enfants que c'est pas grave de pas avoir gagné de cadeau au tirage du père noël, dans le fond, on est en maudit et on se dit que notre enfant le mérite plus que tous les autres.

Faites-vous en pas, au fond, j'en ris. Et j'espère que la majorité des parents font pareil. Pour les autres, qu'ils vivent avec leur amertume et leurs enfants parfaits ;)

jeudi 24 novembre 2011

Quoi de neuf ?

Gérer deux enfants et une maison, même en congé parental, s'avère plus complexe que je ne le croyais. Je suis beaucoup plus fatigué que je ne l'avais prévu et j'oublie un nombre incalculable de choses. Dans le désordre, je citerais en exemple le salon du livre de Sherbrooke, qui m'est revenu en mémoire le dimanche seulement, et la fête de trois de mes amis (par chance, ces amis ont des conjointes qui m'ont envoyé des courriels à temps). À cela s'ajoute aussi divers paiements de factures et renvois de courriels.

Autre chose que je croyais impossible : je ne croyais pas être capable d'écrire durant les premiers mois de mon fils. Or, me voilà en train d'écrire un millier de mots par jour, le soir, avant de me coucher. Deux projets sont sur la table.

Le premier, certains le connaissent déjà, est la suite pseudo-officielle de L'Aquilon. Je dis "pseudo" parce que je l'écris de manière à ce qu'il soit indépendant du livre d'origine. Le premier jet de L'Albatros (titre provisoire, car j'ai appris qu'il existe un roman de ce nom) en est à ses 2/6. En fait, j'ai deux des six nouvelles d'écrites. Pour l'instant, les deux nouvelles et le début de la troisième dépassent pratiquement le nombre de mots de L'Aquilon, alors ceux qui en voulaient plus seront servis.

Le second projet est secret pour l'instant. Disons simplement que, d'ici Noël, c'est celui qui est mis de l'avant. Je l'ai débuté lundi, alors il n'a que 3 000 mots sur les 41 000 espérés.

Je vous tiens au courant.

lundi 10 octobre 2011

Ce que la naissance d'un enfant t'apprend

C'est que le sommeil est un concept surfait ou qui, du moins, semble superficiel à beaucoup de bébés - et d'infirmières.

C'est que les valeurs éco-responsables s'appliquent difficilement à une consommation de 12 couches par jours.

C'est que même le savon le plus doux du monde finit par te faire gercer les mains.

C'est que vie sexuelle active et seins gorgés de lait sont difficilement compatibles, et ce, malgré la bonne volonté des participants.

C'est que le seul temps libre que tu trouves, tu préfères le dormir plutôt que l'utiliser à écrire (exception faite de ce billet écrit avant d'aller dormir).

Mais c'est surtout l'occasion de voir qui sont tes vrais amis. Pas ceux qui passent te voir à l'hôpital pour t'empêcher de dormir et faire somnoler ton bébé dans leurs bras avant de te laisser seul avec un bébé super-réveillé. Non. Je parle de ceux qui passent chez toi et qui s'offrent pour aider. Ceux qui arrivent avec un repas tout fait. Ceux qui proposent de garder le bébé dans leurs bras et de le calmer le temps d'une sieste parentale. Ceux qui passent prendre la plus vieille pour que les parents dorment en même temps que le plus jeune. Ceux qui débarquent avec des outils de jardinage pour t'aider à préparer le terrain pour l'hiver. Ceux qui ont déjà nettoyé une cheminée et qui "t'arrange ça". Ceux qui gardent les enfants le temps que les parents fassent une - une - activité par semaine en couple.

Ce que la naissance d'un enfant nous apprend, c'est qu'on a de la chance. Parce que dans tout ça, il y a aussi un bébé qui grandit. Un bébé avec des parents plus sains d'esprit. J'espère que vous aurez compris que je ne me plains pas, je suis un homme très chanceux. Même si mon sommeil ressemble au supplice de la goutte d'eau d'un camp militaire chinois, il y a tellement de gens autour de nous qui nous aiment et nous soutiennent que je ne peux être qu'un comateux heureux.

La liste des gens à remercier est évidemment trop longue, mais je crois que ceux qui liront ce billet se reconnaîtront.

Enfin, si vous ne savez pas quoi offrir au shower de votre amie (et que c'est vraiment votre amie), offrez-lui un coup de main post-accouchement. Sur le coup, vous aurez peut-être l'air d'un rabat-joie, mais je vous assure que ce sera apprécié en temps et lieu.

P.S. Le bébé va bien et il a quand même un bon sommeil malgré ce que j'en dis.

dimanche 18 septembre 2011

L'usine a repris du sevice

Bon, je viens de terminer un billet super long et intelligent sur mon retour à l'écriture et blogger l'a fait sauter pour une raison que j'ignore. Parce que je n'ai vraiment pas juste ça à faire, je simplifie en écrivant la chose suivante : je me suis remis à l'écriture. Quand j'aurai plus de temps, j'essaierai de vous écrire un beau billet...

dimanche 7 août 2011

Ma fille est une artiste

Voici un premier billet à propos de combien ma fille est merveilleuse. Depuis quelques temps, elle s'amuse à dire des choses mignonnes juste pour nous faire fondre.

Comme est elle très « artiste », elle aime jouer des rôles, incarner des personnages et vivre des aventures. Récemment, alors que je parlais à ma blonde du film Gnoméo et Juliette, ma fille s'exclame : « Ah, comme Roméo et Juliette ? » avant d'ajouter :


video

Elle est craquante, non ?

dimanche 31 juillet 2011

Un peu de ménage avant l'arrivée de bébé

Je passe le balai et je regarde ce qui vaut la peine. Je commençais à m'éparpiller un peu.

Mes critiques de livres sont partis chez goodreads et pause lecture et mes critiques de films sont sur un blogue consacré uniquement à cela.

Je vais garder ce blogue pour ma vie (de père et d'auteur).

Peu importe où j'écrirai, je le signalerai sur facebook et twitter, alors vous pouvez me suivre (si ça peut vous simplifier la vie).

À moins de se retourner, bébé arrive le 18.

jeudi 28 juillet 2011

Agota Kristof est morte

C'est arrivé hier, 27 juillet. Elle avait 75 ans.

Je suis sans mot. C'est entre autres cette femme qui m'a donné le goût d'écrire.
Voici un lien vers l'une des dernières entrevues qu'elle a accordée alors qu'elle était incapable de continuer d'écrire.
Voici le lien vers un éloquent article qui concerne son décès.

Mes hommages à cette femme d'importance qui a changé à sa façon la littérature d'expression française.

samedi 23 juillet 2011

Discussion avec Iron Man

Parfois, comme tous les super-héros (i.e. père), j'ai des doutes.

Dans les derniers mois, mes réflexions tournaient autour du nouveau rôle que j'aurai bientôt à occuper, celui de "papa d'un petit gars". Tout le monde insiste tellement sur le fait qu'un gars et une fille, c'est vraiment pas pareil, que je m'étais mis à douter. Est-ce que je vais être trop démonstratif ? Trop affectif? Après tout, j'ai commencé avec une fille et c'est à ça que je suis habitué. Est-ce que je vais être un bon père-de-ti-gars ?

La semaine dernière, au parc, Iron Man m'a approché.

Il a retirer son costume (il était habillé en-dessous, bien sûr) et il s'est adressé à moi:


Iron Man: J'ai enlevé mon costume parce que j'ai trop chaud. Je vais aller boire de l'eau.

Moi: D'accord...

Iron Man (de retour de la buvette): Qu'est-ce que vous faites ici, monsieur ?

Moi: Je viens au parc avec ma fille quand il fait beau.

Iron Man: Moi, je suis avec le camp de jour. Je suis dans le groupe des ninjas.

Et on a continué comme ça. Il m'a posé des questions sur ma fille (nom, âge, types de jeux, etc.) et on a parlé de lui (Antoine, six ans, sports de combat, etc.). Un second garçon nous a rejoint en me demandant ce que je lisais (un Solaris à la couverture attrayante) et on s'est mis à parler tous les trois jusqu'à ce que le QG les rappelle.


Merci, Iron Man. Maintenant je sais que je vais m'en sortir.


P.S. Un jour, je vous raconterai comment une petite fille devant une cage à homard m'a appris que je serais un bon père-de-petite-fille.

jeudi 14 juillet 2011

Discussion avec une araignée

J'entre dans ma "chambre d'ordinateurs", j'entreferme la porte et j'aperçois un amas de poussière flottant au-dessus du sol. Je pousse un carton de côté et je réalise que c'est une toile d'araignée. Derrière le carton, il y a une de ces dames au gros derrière grisâtre qui chassent les coléoptères dans les sous-sols.

Soupir.

Moi: Qu'est-ce que tu fais là ?

Araignée: Je chille.

Moi: Tu sais que si ma blonde te trouve ici elle va te tuer.

Araignée: Di-zi-pas.

Moi: Tu penses que c'est simple comme ça ? Je peux rien lui cacher.

Araignée: Come on. Laisse la porte ouverte. A m'verra pas. Tu sais qu'a vient jamais ici.

Moi: Je peux pas prendre ce risque-là.

Araignée: Bon. Laisse-moi finir c'te mouche-là. Après, je te jure que j'me pousse.

Je m'éloigne une minute.

Moi (de retour avec un mouchoir): Désolé...

Araignée: Non ! Carl ! Please ! Aaaarrrgg !

Avec les fourmis charpentières, je suis plus expéditif.

lundi 11 juillet 2011

Ma fille sur mes genoux

Je collectionne les moments à fixer dans le temps.

Hier, nous avons passé l'après-midi et la soirée au Mondial des cultures de Drummondville. Musique d'outremer, maquillages, jeux gonflables, etc. Vers 21h30, ma fille s'est endormie sur mes genoux.

J'ai fermé les yeux, je me suis concentré sur le poids de son petit corps. Trente-deux livres de délicatesse, d'abandon, de confiance totale.

Je l'ai gardée une heure sur moi. Juste pour savourer l'instant.

mercredi 22 juin 2011

La fin des cours

Et hop !

Demain, c'est la larme à l'oeil (oui, sérieusement) que je quitterai mes étudiants du cours d'été.
Ce fut une expérience assez particulière, à la fois épuisante et enrichissante.
La classe aussi était étonnante. Beaucoup d'étudiants vifs d'esprit, à la pensée aiguisée et aux réflexions profondes et surprenantes.
Pleins de belles rencontres.

lundi 20 juin 2011

Passer d'une match de lutte à un bollywood

Ouaip, ça faisait longtemps.

J'ai pris le contrat des cours d'été au cégep, ce qui fait que chaque jour voit son lot de correction et de planification pour le jour suivant. Les cours sont en soirée à quelque cinquante minutes de la maison, ce qui fait que je rentre tard et fatigué. Tout cela ne me permet pas de me payer le luxe d'écrire quoi que ce soit. Mais c'est une journée spéciale d'un mois spécial et je ne me peux plus d'en parler, alors voici.

Peu importe le cours, que ce soit stratégies de communication, littérature du XVIIIe ou XIXe siècle, je dis toujours à mes étudiants que, dans la vie, il ne faut pas avoir peur d'essayer des choses - c'est d'ailleurs ce qui m'a mené à dormir sur le divan de purs inconnus lors du salon du livre de Québec - et c'est dans cet état d'esprit que je me suis retrouvé, il y a trois semaines, dans l'entrepôt du Roi du camion de St-Eustache. Là-bas, le temps d'une soirée, j'ai fait la captation de la ToW 8.25, la fédération de lutte Top of the World (je ne m'y connais tellement pas assez que Lienje ne sais pas s'il faut dire fédération, association ou garage team). Je me suis retrouvé les coudes sur le ring, une caméra à 4 000$ dans les mains, à filmer des lutteurs qui, pour certains, combinaient habilement talent de comédien et super-forme physique. Tous des gars très gentils (ou presque). Cette captation devrait servir à monter un pilote pour une chaîne télévisée.

C'est aussi ce genre de discours qui a fait que je me suis retrouvé au AMC 22 la semaine suivante pour écouter un film en hindi sous-titré en anglais. Un spécimen du bollywood d'aujourd'hui. Un film de 2h37... Ma blonde et moi étions les seuls non-Indiens dans la salle. Ce fut amusant et troublant à la fois. Après 1h30, la jeune femme avoue toute la vérité au personnage principal, et celui-ci, qui pourrait régler le problème et dix minutes, affirme : "Je pourrais le faire, mais ce ne serait pas digne du cinéma. Je vais plutôt m'arranger pour que tes oncles décident de te marier à moi." C'est dans mes mots, mais vous voyez le concept. S'ensuit une heure de pur délire où le personnage manigancera de confondre la famille de la femme qu'il aime afin de satisfaire le public. Ce fameux film, que je recommande, s'intitule Ready.

Finalement, on boucle la troisième semaine avec une fête des pères à mon goût. Déjeuner avec mon beau-père (j'ai reçu un coupe-bordure), dîner avec ma blonde et souper avec deux couples d'amis que nous aimons beaucoup mais que nous ne voyons pas aussi souvent que nous le voudrions parce qu'ils vivent à l'extérieur. On a fini ça avec une crème glacée à la crémerie du coin. La crème glacée, c'est comme la cigarette, ça aide à fixer le moment présent.

Ça, et un appareil photo :)

C'est donc en homme repu et heureux que je retourne combattre les fourmis charpentières. Cette semaine, je termine les cours et j'essaie de corriger tous les examens pour tout avoir terminé la semaine prochaine. Après tout, il faut aussi préparer la chambre du bébé, organiser le lancement du livre d'une amie, terminer la dernière version d'une nouvelle pour Solaris, travailler sur mon court métrage, remplir le livre de bébé, tailler les haies, trouver un émondeur, communiquer avec l'ami d'un ami plombier, trouver une poussette abordable, etc.




Et je me suis pas relu, désolé si ça a gêné quelqu'un.

vendredi 13 mai 2011

Congrès Boréal 2011

Déjà !? J'ai l'impression de ne pas avoir eu le temps de faire tout ce que je voulais faire avant Boréal (lire tous les derniers livres sortis, le dernier Alibis et le dernier Solaris). Peine perdue.

À la place, j'ai tondu de la pelouse, j'ai combattu les fourmis charpentières qui envahissaient notre lave-vaisselle et j'ai frotté la rouille de ma voiture à la cire de tortue...

Et j'ai terminé Les voyageurs malgré eux ! Je vous en reparle plus tard.

Merci au Cégep de Saint-Hyacinthe qui me permet d'assister au Congrès samedi et dimanche en remboursant une partie de mes frais. Après tout, les congrès où l'on parle de littérature améliore directement la qualité de nos cours.

Je m'ennuierai de ma femme et de ma fille, mais ce ne sera que pour revenir en mari et père prodigue dimanche soir, distribuant bisous et amour à ma famille compréhensive.

mercredi 4 mai 2011

Découvertes musicales

Dans ma recherche constante de chansons inspirantes, je veux vous faire part de deux chansons que j'aime beaucoup. Elles ne datent pas de la semaine dernière, entendons-nous, mais si ça peut vous faire découvrir ces deux artistes, j'en serai heureux.

Il faut dire que j'écoute beaucoup Buzz radio (99,9 FM), alors si vous voulez entendre ça à la radio, il n'y a que ce poste qui joue ce genre de musique.

La première chanson est de Mumford & Sons et s'intitule "The Cave". Le texte est beau et inspirant, tout comme la musique. Je vous épargne l'analyse (travers de prof que je tends à cacher), mais je souligne malgré tout la qualité universelle de cette chanson. Elle s'applique autant à la situation politique de certains pays qu'aux événements difficiles que n'importe qui peut traverser. Vidéoclip simple, mais qui appuie le message de l'auteur.

La deuxième est de Cage The Elephant, connu déjà pour "Ain't no rest for the Wicked", et est tirée de son dernier album. Elle s'intitule "Shake Me Down". La musique, même si elle peut sembler parfois cacophonique, reflète très bien la sensibilité du texte. Et que dire du vidéoclip, qui ajoute une profondeur très intéressante à la chanson.

J'ai écouté un peu les autres titres de ces deux artistes. Cage The Elephant est très héclectique, tandis que Mumford & Sons est plus constant dans les textes et la musique. Constat, j'achèterai quelques chansons de Cage The Elephant et je n'hésiterai pas à acheter un album de Mumford & Sons. Dans les deux cas, ce genre de chanson m'inspire beaucoup.

lundi 18 avril 2011

Salon du livre de Québec et couch surfing

C'était un beau salon, on s'est bien amusé.

Sinon faire le guet près des deux tablettes des Six Brumes, j'ai occupé mon temps à différentes choses :

- Manger de la nourriture de salon du livre. Chère et peu goûteuse.

- Faire la file pour obtenir une dédicace d'Eric-Emmanuel Schmitt. C'est un homme très sympathique.

- Discuter longuement avec des auteurs. Les inconnus sont devenus des connaissances, et les connaissances sont devenus de meilleures connaissances... Est-ce que vous me suivez ? Je ne veux pas faire de l'étalage de noms, alors je me contenterai des nouvelles rencontres, soit Michel Châteauneuf, qui est un homme fort sympathique, et Marc-André Pilon, prof et nouvel auteur jeunesse avec qui j'ai aimé discuter.

- J'ai rencontré une fille avec qui j'ai fait mon BAC. Elle est devenue adjointe à l'édition. C'est fou de voir ce que les gens qu'on a fréquentés sont devenus. Je suis vraiment content pour elle et elle semble être très heureuse dans son emploi. Ça fait du bien de voir ça.


Pour le coucher, j'ai profité des services du couch surfing. Pour ceux qui ne sont pas communs avec le terme, cela consiste à dormir sur le divan de gens ouverts d'esprits. C'est une manière encore moins coûteuse de dormir que le auberges jeunesses, puisque le seul paiement de votre nuit se fait par la disucssion. On jase, on apprend les uns des autres, on prend une petite bière.

Emmanuel, mon hôte, m'a reçu avec grand plaisir chez lui. En tout, quatre jeunes hommes passionnés de littérature, de voyage, de cinéma et de musique m'ont tenu la discussion tard dans la nuit. Avant moi, deux Allemands avaient passé cinq jours sur le luxueux divan-lit de cet appartement un peu délabré de la basse-ville de Québec. Emmanuel a lui-même profité du couch surfing lors de son voyage en Allemagne.

C'est une belle expérience que je recommande chaudement. Cela dit, il faut être majeur pour faire partie de cet organisme.

vendredi 8 avril 2011

Nouvelle de science-fiction gratuite

Ça faisait longtemps !

Top nouvelles :

- Nous sommes déménagés et nous arrivons petit à petit à sortir de nos boîtes;

- Mon ordinateur est branché;

- J'ai terminé ma nouvelle « L'homme qui me ressemble » dont voici le contexte de publication. Si vous ne voulez pas lire le contexte, téléchargez le texte ici. Pour la procédure, allez à la fin du message.

* * *

J'ai écrit la première version de « L'homme qui me ressemble » en 2008 ou 2009 (en même temps que la première version de « Du haut des toits immaculés », publiée dans le 26e numéro de Brins d'éternité). À ce moment-là, mon ami et moi voulions construire un recueil de textes portant sur le thème de la vengeance. Forcément, les trois nouvelles que j'ai écrites à cette époque sont marquées par ce thème. C'est pourquoi je n'ai pas souhaité soumettre « L'homme qui me ressemble » à une revue. Je ne veux pas que les lecteurs pensent que je n'ai qu'un seul thème de prédilection.

L'autre point qui fait que je ne publie pas moi-même cette nouvelle sous le format que j'ai l'habitude d'exploiter, c'est que je suis rendu « ailleurs ». J'en ai parlé à plusieurs reprises ici, mais je peux résumer cela en disant que le texte ne représente plus où j'en suis.

Cela dit, je tenais quand même à publier cette nouvelle parce que tous ceux qui m'entourent me demandent de la lecture.

J'ai pris la peine de me relire, de demander conseil à Guillaume Voisine, qui était d'ailleurs mon directeur littéraire pour L'Aquilon, et j'ai approché un illustrateur, Jubo, pour me faire une « couverture ».

La nouvelle est gratuite et téléchargeable ici.

Malgré tout, ceux qui souhaitent faire des dons peuvent le faire par paypal à blood_66699@hotmail.com (eh oui, c'est mon adresse, ça; j'aime beaucoup le boudin). Je partagerai bien évidemment avec mon illustrateur et je paierai une bière à Guillaume !


Et voilà, n'hésitez pas à me donner des commentaires.


Carl

Procédure de téléchargement : Le lien vous renverra sur une page créée par megaupload. Vous devez attendre 45 secondes afin d'utiliser l'option « téléchargement régulier ». Le téléchargement rapide exige une inscription et je veux vous éviter un tel ennui. La nouvelle est en .pdf et montée sur Mac, donc faites-moi signe s'il y a quoi que ce soit.

lundi 14 mars 2011

L'Action de grâce au mois de mars, j'interprète la dinde avec brio, donnez-moi un Jutra

Comme expliqué dans un précédent billet, nous déménageons. Qui dit "déménagement" dit "trouver quelqu'un pour le 1er avril afin de ne pas avoir à payer une maison et un loyer", n'est-ce pas ?

Bien me voilà dans de beaux draps. Je n'ai pas consulté la Régie du logement, je n'ai donc pas appris que je pouvais signer une cession de bail avec le premier visiteur intéressé et ainsi forcer la propriétaire à me laisser partir (à condition que le nouveau locataire ait un bon crédit). Je me suis retrouvé à faire visiter 9 fois mon appartement en une dizaine de jours sans pour autant que la propriétaire me donne signe de vie.

Inquiet, je l'appelle.

Elle : Carl. Je pensais justement à toi.

C'est ça, t'as préparé ta farce et tu m'adoucis pour me la fourrer dans le rectum !

Moi, mielleux : Salut... J'ai pas eu de nouvelles pour l'appartement.

Elle : Ouain, tsé, tu m'as envoyé du drôle de monde. Moi, avoir des enfants au-dessus de ma tête, j'ai pas vraiment le goût.

Oh ! J'aurais dû enregistrer ça ! Je n'aurais pas eu à me casser la tête à la Régie !

Elle continue : Mais il y a une locataire qui semble faire l'affaire. On devrait signer dimanche, je te reviens là-dessus.

Je raccroche le téléphone, les fesses pleines de chapelure.

Quatre jours plus tard.

Moi, au téléphone : Salut.

Elle : Salut Carl, j'allais justement t'appeler.

Cuisson à 350.

Moi : J'pensais bien, aussi. Donc, c'est signé.

Elle : ... Non. La fille a annulé dimanche, puis lundi, puis elle m'a dit qu'elle avait trouvé autre chose.

Je sens sa grosse fourchette à cuisson qui dit la température me percer les côtes.

Moi : Donc ?

Elle : C'est à recommencer. Je vais mettre l'annonce que j'avais annulée dans le journal.

Moi : Et les autres intéressés ?

Tsé, ceux qui ont pris ton numéro et qui m'ont dit qu'ils t'appelleraient ?

Elle : Quatre personnes ont téléphoné entretemps (elle utilise la nouvelle orthographe), mais je leur ai tous dit que l'appartement était loué.

Criss criss criss.

Moi, innocent : Ah. Et tu as gardé leur numéro ?

Elle, comme si c'était pas de sa faute : Ben non...

Morale.

Je me suis fait avoir. J'ai essayer de retracer tant bien que mal ceux qui avaient visité l'appartement, mais ils ont pour la plupart trouvé quelque chose.

Elle a tout son temps pour se trouver un locataire à son goût pendant que sa grosse dinde d'enseignant paye le loyer vide.

Ma torieuse. Je t'attends au détour. Pour l'instant, je cuis, mais attends que je sois sorti du four, tu vas y goûter !

Et j'espère que ça sera amère.

lundi 7 mars 2011

Si mon blogue était un tamagotchi, il serait mort (et je vous parle de vermicompostage)

C'est du travail à entretenir, ces petites bêtes-là ! Je félicite Gen et l'Ermite (mes modèles blogueurs) pour leur travail de moine et leur régularité.Lien
Vous souvenez-vous des tamagotchis ? En 1997, j'étais de ceux qui ont succombé à la folie nippone. Inutile de dire que, depuis le hula-hoop et le rubik's cube, rien n'avait autant chamboulé la vie des consommateurs inconscients que sont les jeunes adolescents.

Eh bien, chers lecteurs, vous ne serez pas étonnés de savoir que nombreux sont les tamagotchis qui sont morts dans mon sac-à-dos (on avait pas le droit de les amener à l'école, mais je le faisais quand même parce que j'étais rebelle). Non mais ! Merde ! Il fallait les occuper à toutes les heures du jour et de la nuit (quand on était malchanceux). Pire : les moins coûteux, gracieusement vendus par les magasins-à-un-dollars, n'avaient pas de retour en arrière. Animal mort = carcasse de plastique à la poubelle. C'était du gaspillage pur et dur qui ferait grincer des dents n'importe quel pseudo-écolo qui se plaint qu'on jette du plastique mais qui achète ses sushis chez Sushi-shop et qui prône le composte alors qu'il n'en fait pas lui-même sous prétexte qu'il ne connaît pas le vermicompostage.

C'est pas pour rien que ce blogue s'intitule "Blogue qui peut", c'est vrai que je m'y mets seulement quand j'en ai le temps, mais je trouve ça dommage de ne pas y écrire davantage. Je vous ai parlé d'une maison la dernière fois, n'est-ce pas ? Nous avons trouvé ce qu'il nous faut et le prêt est accepté. Ce 17 mars, nous serons propriétaire d'une maison dans le quartier où ma blonde et moi avons grandi. Cet été, entre deux séances viriles d'entretien de maison, j'enseignerai les cours d'été en prévision de mon congé de paternité de septembre. Mon blogue prendra peut-être alors une tangente "comment changer une prise de courant ordinaire en prise avec disjoncteur intégré", qui sait ?

Allez, au plaisir !

Carl

lundi 21 février 2011

De l'art d'être à sa place - La vie est un avocat mur dans un sushi

Les choses se placent. Doucement, tranquillement.

Ce que j'aime des avocats, ce n'est pas leur goût - sauf peut-être dans un sushi. Ce que je j'aime des avocats, c'est que c'est un fruit qu'on voit mûrir. Je n'ai apprécié ce fruit pleinement que lorsque j'ai patiemment assisté à son mûrissement.

Or, la vie est comme ça.

Quand on se prend à savourer les moments à vide ou encore ceux, instables, qu'on qualifie d'entre-deux, la vie nous offre des cadeaux.

Ma blonde est enceinte à nouveau. Nous pourrons donc partager notre folie avec un autre enfant. Pour l'instant, c'est un noyau dur qui, dans son armure de chair, prend les apparences d'un avocat vert.

Qui dit bébé dit aussi déménagement. Notre appartement est trop petit (si je veux conserver mes bibliothèques et mon ordinateur, en tout cas). L'opportunité s'offre à nous d'aller vers une coquette maison, alors nous avons débuté nos recherches.

Encore une fois, j'ai plus qu'une charge pleine au cégep, ce qui ne nous empêche pas de donner du temps à la Maison de la famille où nous travaillons à titre bénévole depuis un peu plus d'un an.

Ma planification de cours s'améliore et je suis à même de consacrer un peu de temps à la correction d'un manuscrit pour une amie auteure.

Dans une case horaire où je suis coincé au cégep parce qu'entre deux cours, c'est avec joie que je me suis mis au sport avec ma soeur qui étudie où j'enseigne. Ça nous permet de nous voir un peu et c'est énergisant. J'aime énormément ma famille et je regrette souvent de ne pas les voir plus fréquemment.

J'aurai même du temps durant la semaine prochaine pour appeler ma famille et des amis avec qui je n'ai pas discuté depuis longtemps. Ce dimanche, j'ai passé du temps avec un ami de l'université que je ne vois pas souvent. Et ce jeudi, avec de la chance, je pourrai souper avec des amis qui me sont chers. Ces quelques détails me font réaliser à quel point j'aime les gens qui m'entourent et à quel point j'aime leur consacrer du temps.

Ma directrice de maîtrise vient de m'écrire à propos de la dernière révision de mon mémoire en me disant : « Bon travail, bonne semaine et bravo !!! » Je pense que ça veut dire ce que ça veut dire.

Même si je n'avance pas dans mes manuscrits, j'ai cette ineffable sensation d'eccéité, celle d'être à ma place sur une terre parfois amère comme une algue mal apprêtée.

Sur ce billet à saveur zen et faussement poétique, je vous salue.

vendredi 28 janvier 2011

Voyage à Magog... et à l'urgence de Magog

Je m'ennuie déjà d'arpenter les routes du Québec à bord de Rossinante avec ma fille qui tripe et ma blonde qui essaie de relaxer, alors je vous raconte mon histoire de Magog (ayez pas peur, il y a des anecdotes, mais il faut aussi du contexte).

Ça c'est passé à la mi-août 2009. Pendant la fin de semaine caniculaire où on s'est tapé du 34 degrés. Je venais de terminer un contrat d'enseignement de trois semaines et j'avais bien averti ma blonde qu'on partait le samedi dès mon réveil. Bien évidemment, le temps de rentrer tout l'équipement, il était rendu 11h.

On embarque sur la 55 vers Magog, le vent dans les cheveux, la tête pleine de rêves (moi) ou pleine d'anticipations obscures (ma blonde). On s'arrête au moulin à laine d'Ulverton (beau spot) pour manger et se promener un peu. On se fait aborder par tous les nouveaux arrivants parce qu'on mange à l'ombre du west comme des foutus hippies et le monde nous prennent pour des voyageurs invétérés alors qu'on a seulement roulé vingt minutes !

On repart vers Magog. Ma blonde est accoudé sur le rebord dans la vitre quand, soudain, elle se retourne vers moi.
- Chéri, dit-elle.
- Oui ?
- Ta fenêtre vient de tomber dans la porte.
- Pas grave, j'arrangerai ça rendu à Magog.
De là à Magog, elle se fait du mauvais sang à s'imaginer toute l'humidité et les bibittes qui entreront cette nuit par la fenêtre qu'elle me croit incapable de réparer.

À Magog, on se trouve une place dans un parc de stationnement et je défais la porte pendant que ma blonde défait la petite de son banc de bébé. Avec les huit mille sécurité d'aujourd'hui, ça nous prend presque le même temps ! La porte est arrangée (le soutient de la vitre est tellement rouillé qu'il a plié, je l'ai serré à la main et j'ai interdit à ma blonde d'y toucher jusqu'à notre retour). Nous partons donc faire une croisière sur le lac pour voir comment notre belle puce va trouver ça.

Résultat, elle trouve ça super et s'amuse beaucoup. Le bateau est tout petit et la croisière juste assez longue (1 heure). En revenant vers le west, la petite s'endort, alors on se réfugie encore à l'ombre du bus pour relaxer. On passe à nouveau pour des hippies de grands chemins, mais moi ça me fait plaisir, alors je savoure.

On part ensuite pour la plage. En cours de route, je me souviens que le frigo est connecté sur la batterie principale depuis deux heures et que ma batterie est loin d'être récente. Ouais, j'ai été trop paresseux pour installer le système pour une batterie auxiliaire malgré les super plans fournis par le site monwest.com. En tout cas. Arrivés à la plage, nous avons faim et, ça tombe bien, il y a un resto ! J'explique qu'on ferait mieux de retourner au west parce que sinon je vais peut-être avoir besoin d'un survoltage, puis je me ravise et je dis que c'est pas grave; si ça doit arriver, ça arrivera.

J'aurais pas dû dire ça.

On s'en retourne tout de suite au west dans un silence qui veut tout dire de ma bêtise. Heureusement, Rossinante hennit au premier coup de gaz et on part dans le centre-ville de Magog pour souper, coupe de vin à la main (pour nous) et bol pain sur la tête (pour Léa), au restaurant Jack-O. Côté bouffe, c'est dans les normes, mais pour le plaisir d'être là et nulle part ailleurs, ça vaut le coup.

On a bien mangé, on est heureux, on entrevoit avec enthousiasme la soirée qui s'en vient. On met la petite dans son siège, on s'assoit en avant, je pars le west... qui ne part pas.

Ma blonde me regarde, triste victorieuse, et murmure :
- Je le savais. C'était trop prévisible.
- Je t'aime, mon amour. Bouge pas, je vais trouver quelqu'un pour me survolter. (Ben non, pensez-vous que je parle comme ça ! J'ai dit "booster", mais là je veux franciser la chose, bon.)

Heureusement, on est dans le stationnement d'un IGA et d'un Jean Coutu. Des batteries, y'en a à la pelletée. Il s'agit juste de trouver quelqu'un de volontaire. Ma blonde part avec le biberon de la petite pour aller le faire réchauffer dans un resto et moi je déambule dans le parking, ma fille dans les bras, à la recherche d'une âme charitable. Le premier gars que j'aborde est en train de faire une commission pour sa job et peut pas se permettre une seconde de retard. Je continue ma marche et, même si je suis dans le stationnement le plus bondé de Magog à l'heure où tout le monde se pointe à l'épicerie, il n'y a personne nulle part. Je retourne vers le west, décidé à bloquer la rue pour me trouver un gagnant. Au moment où je me dis que je serai jamais capable de retrouver une blonde comme celle que je suis sur le point de perdre, mon premier gars court vers moi et me dit :
- Écoute, je sais pas pourquoi, mais y'a quelque chose qui me dit qu'y faut que j't'aide.
- C'est bienvenue. Mon char, c'est le Volks vert et blanc qui est là.

Pendant qu'il s'amène, je replace ma fille dans son siège et je sors mes câbles. Première nouvelle, le gars s'est stationné en avant du west. Je lui explique qu'il faut qu'il s'en vienne à l'arrière parce que le moteur n'est pas en avant. Il est confus, mais il m'écoute sans rien dire.

Entre temps, ma blonde revient et donne le lait à notre fille. J'ouvre ma porte de moteur pendant que le gars lève son capot, je mets la première pince sur le positif de sa batterie, je me retourne rapidement en me penchant pour mettre la pince sur mon positif et... le coin 100% tétanos de ma porte de moteur s'enfonce profondément sous mon oeil.

Je fais un peu le saut, mais je continue mon travail. Je me penche mieux et je pince le positif. Je pince le négatif sur ma batterie et je laisse l'autre à terre plutôt que de le connecter sur l'autre batterie (c'est ce que recommande de faire CAA). Je vous le répète juste au cas : cette journée-là, il fait 34. Même à 8 heures, j'ai de la sueur qui me coule dans la face. Je me relève donc et j'essuie l'eau qui me pisse dans le visage... pour réaliser qu'il y a plus de sang que de sueur. Je fais comme si de rien n'était (le gars m'a pas encore vu de face) et je me ramasse des mouchoirs en vitesse pour bloquer l'hémorragie. J'embarque dans le west et je le démarre.

Je redescends, je fais le tour pour aller prendre le petit 4l. d'eau qui est du côté de la porte coulissante. Je mouille de nouveaux mouchoirs pour nettoyer sommairement ma plaie qui saigne toujours. Ma blonde voit que je suis bizarre et je lui explique qu'il va falloir aller à l'hôpital. Elle est persuadée que je fais ça pour l'écoeurer, alors j'enlève mon pansement et son visage change complètement. Elle a oublié la fenêtre dans la porte, le long silence de la plage au bus, la batterie à plat, tout. Elle est effrayée. Elle pleure.

- Comment on va faire pour aller au camping ? me demande-t-elle, à moitié consciente.

Et c’est là, la face en sang et un sourire niais au visage que je lui annonce la surprise que je lui réservais : je nous avais pris une chambre dans un bed and breakfeast à deux pas du stationnement.

Elle ne comprend rien à ce que je viens de dire, alors je fais une nouvelle pression sur ma plaie et je retourne voir le gars qui a pris de son temps pour moi. Il voit bien que je me tiens la moitié de la face avec des kleenex ensanglantés, mais je lui dis que tout est correct et, d'une main, je déconnecte les pinces dans le sens inverse tel que recommandé par CAA.

Je sers la main à mon "helper" et il repart vers son travail.

Vous vous souvenez, j'ai dit qu'il y a un Jean Coutu pas loin. Ma blonde m'encourage à aller voir le pharmacien. Première nouvelle : cette pharmacie-là est la seule maudite pharmacie du monde qui n'a pas de pharmacien ! La cosméticienne me tend un essuie-tout me dit :
- Le Jean Coutu qui a un pharmacien est à cinq rues d'ici.
- Et l'urgence ?
- À quatre rues d'ici.

Les plus futés auront compris que je suis allé à l'urgence.

Avant de partir, ma blonde m'aide à concevoir un pansement à l'aide des cochonneries de ma trousse de premiers soins pour que j'aies les mains libres pour conduire (elle ne conduit vraiment pas "manuel").

Parce que je venais tout juste de partir le west, ma blonde et ma fille restent dedans pendant que je vais me faire faire une carte d’hôpital et que je m’inscris. Je rencontre l’infirmière qui évalue – et qui est très satisfaite de notre travail de chirurgiens bohèmes – et elle m’envoye en salle d’attente. Bon côté : au lieu d’une petite télé merdique qui joue les infopubs, c’est une télé 50 pouces où passe Troie avec Brad Pitt. Bon, le film est pas écoeurant, mais c’est mille fois mieux que tout ce que j’ai vu à la télé dans une salle d’urgence.

J’ai deux heures devant moi, alors on embarque dans le west, qui nous conduit au bed and breakfeast en deux secondes. Pendant que ma blonde arrange les affaires dans la chambre, je monte la glacière videuse de batterie, les vêtements et le nécessaire pour bébé.

Il est 21hres. On couche notre fille, ma blonde s’étend sur une chaise longue sur le balcon et promet de m’attendre (ce qu’elle fait réellement, d’ailleurs).

Le reste se passe bien. Un peu de colle et une promesse de me faire piquer pour le tétanos, de mettre de la crème solaire hyper-puissante sur ma plaie et de ne pas jouer avec. J’ai une bonne moyenne : j’ai respecté deux des trois promesses !

Le lendemain, on va à la plage et on monte à Saint-Benoit-du-Lac pour s’acheter deux grosses meules de « Saint-Augustin » et de « Le Moine ». Je croise d’ailleurs un bus blanc avec une feuille d’érable rouge dessus. Il est en état raisonnable et ses passagers sont des Ontariens qui ont tous plus de 55 ans !

Ah oui, j’oubliais, j’ai perdu la deuxième vitesse de la plage jusqu’à mon retour à Drummond, mais ça s'est replacé...

Donc, endroits recommandés :
- Moulin à laine d’Ulverton;
- Plage municipale de Magog;
- Les excursions l’Air du Lac;
- La labyrinthe de Memphrémagog;
- L’Abbaye St-Benoit;
- La Maison de ville, bed & bistro.

Le lendemain matin...

samedi 22 janvier 2011

Le repose-pied magique

Au moment de construire les pyramides, les architectes de Khéops utilisèrent un repose-pied pour déposer leurs plans.

Lorsque Guttenberg voulut chimer son imprimante dont une des pattes était trop courte, il utilisa ce même repose-pied.

Quand Marie Curie termina le raffinement du radium à partir du minerai d'uranium, elle put enfin s'asseoir et posa ses pieds sur, vous l'avez compris, le repose-pied ancestral.

Enfin, quand ma blonde et moi achetâmes notre futon (2003), on nous offrit gracieusement un « pouf » bleu, celui-là même qui avait servi aux architectes de Khéops, à Guttenberg et à Madame Curie.

Eh bien, le mois dernier, pour la première fois depuis qu'il était en notre possession, et après que notre fille y eut laissé fermenté une flaque de lait, ma blonde a émis une hypothèse troublante : « Penses-tu qu'on peut le laver ? »

Maintenant que c'est fait, je confirme que oui...

lundi 3 janvier 2011

Les voyages thanatologiques de Yan Malter

Basé sur un cycle de nouvelles tournant autour du thème du coma, Les voyages thanatologiques de Yan Malter, écrit par Jean-Pierre April, nous transporte dans un univers où il devient impossible de différencier la réalité du simulacre - à ce titre, lire We Can Remember It For You Wholesale de Philip K. Dick (désolé, je ne connais pas le titre en français, mais l'adaptation cinématographique est intitulée Total Recall).

Une (vieille) femme débarque chez un pro de l'infiltration informatique avec une boîte noire pleine d'une substance grisâtre dans laquelle serait coincé l'esprit de son père. Cette boîte, dans le passé, servait de distraction ; on s'y connectait, on vivait ce qu'on voulait, et on revenait. Or, le père de la femme ne s'en est pas sorti.

En infiltrant la "matière grise" de Yan Malter, le crack d'informatique en oublie un peu sa vie et, doucement, confond la (vraie?) vie qu'il a dans son appartement où est cette femme et celle, iréelle, où la femme et lui plongent pour trouver Yan Malter.

La relation parasitaire entre le matériel et les personnages se rapproche assez de celle présentés dans la nouvelle d'April « Mort et Télévie de Jacob Miro » publiée dans Des nouvelles de Québec chez Valmont éditeur et dans L'Anthologie de la science-fiction québécoise contemporaine publiée à la Bibliothèque québécoise. On y voit un personnage déjà soumis à l'appareil technologique et un second, incité par le premier, qui le devient (et s'ils résistent, c'est pire que l'assimilation qui les attend).

Bref, en tant qu'amateur de nouvelles littéraires (car on sent toujours leur présence dans le roman malgré tout) et de science-fiction (n'ayez crainte, il n'y a pas de vaisseau spatial ou d'extra-terrestre), je donne une note pratiquement parfaite aux Voyages thanatologiques de Yan Malter. La seule raison pour laquelle je n'accorde pas 10/10, c'est que, quand on tourne la dernière page, ce n'est pas une telle note qui nous vient en tête. Ce n'est qu'avec un peu de recul qu'on apprécie le roman dans son entièreté.

9,5/10