Vos questions (FAQ)

Voyons cela comme un genre de QPF (Questions Posées Fréquemment) qui augmentera quand bon me semblera. Si une question n'y est pas, n'hésitez pas à m'écrire. J'espère que ça fera plaisir à quelqu'un, parce que je me donne beaucoup de mal pour répondre à toutes ces questions ;)

Carl, d'où t'es venue l'inspiration pour Parfaite? Comment naissent les idées?


Je trouve mes idées partout. En gros, il faut simplement se mettre en mode "idées". Tu sais, quand tu découvres, par exemple, une nouvelle marque de vêtement. Soudainement, tu te mets à remarquer tous ceux qui portent cette marque. Pourtant, avant, tu ne les remarquais pas. C'est la même chose pour les idées. Si j'aimerais écrire une histoire d'horreur avec un père, je fais ma journée en me demandant ce qui est le plus horrible pour un père. De cette façon, tout ce qui m'entoure passe à travers le filtre "qu'est-ce qui est horrible pour un père?", et ça se met à débloquer : perdre ceux qu'il aime, décevoir ceux qu'il aime, avoir à choisir entre sauver sa femme ou son fils, voir ses plus noirs secrets révélés à sa famille, etc.

Ç'a été la même chose pour l'anorexie. Je me demandais chaque fois comment je pouvais démontrer tel ou tel symptôme de l'anorexie. La perte de contrôle (la crise de boulimie) est un phénomène fréquent chez les gens qui souffrent de troubles alimentaires, alors je cherchais le meilleur moyen de mettre ça en scène. Je me suis dit que le meilleur moment pour faire ça serait le seul moment où Annie s'ouvre un peu à son père, parce que c'était sûr qu'elle culpabiliserait d'avoir voulu penser à elle plutôt qu'aux autres. Comme j'ai vécu sur une ferme, et que j'ai déjà goûté à de la moulée, j'ai eu le flash de la moulée. Comme j'ai déjà oublié la porte du poulailler ouverte, je n'ai eu qu'à faire un plus un. Il me restait à transmettre des émotions au lecteur, parce que de simplement relater les événements n'aurait pas été suffisant. Je me suis donc demandé, à chaque phrase, comment Annie se sentait (physiquement, mentalement, émotionnellement) par rapport à ce qui arrivait. J'ai fait ça pour tout le livre. Ç'a été long et exigeant (oui, j'ai pleuré), mais ça en valait le coup, je crois.

Une partie de Parfaite est aussi inspiré de ce qu'à vécu ma soeur aînée durant son enfance et son adolescence. J'ai complété avec ce que moi j'avais vécu, et ce que me racontait des filles à qui je parlais de mon projet. Pour la partie médicale, j'ai consulté des documentaires et un dictionnaire médical, tout en confirmant tout ce que je lisais avec des filles qui souffraient d'anorexie et qui acceptaient de répondre à toutes mes questions.

Quel est ton plus beau souvenir d'enfance? Et le plus triste?

Le meilleur moment de mon enfance, c'est probablement le temps passé à jouer dans les champs et les forêts entourant ma maison. Le pire souvenir, c'est la mort de mon père, alors que j'avais onze ans. Ces deux éléments ont fortement influencé le reste de ma vie. Mais beaucoup d'autres événements, je ne suis pas si unidimensionnel que ça, quand même!

Où écris-tu?

Je n'ai pas de grand bureau d'écrivain, j'écris dans le salon, au McDonald (les enfants peuvent jouer pendant que j'écris) ou dans les parcs, l'été. J'ai écrit une partie de Benoit pendant un roadtrip de trois semaines au Nouveau-Brunswick. Une fois les enfants couchés, j'allais laver le linge et, pendant que ça lavait/séchait, j'écrivais, souvent debout, l'ordinateur sur la laveuse.



Ça, c'est mon bureau. Oui, il y a ça dans mon salon...
Mais je fais le ménage parfois, je le jure.

Qui sont ceux qui t'ont inspiré et encouragé? (Outre ta famille, qui t'a bien évidemment toujours appuyé.)

Claudette Colore (ma prof de première année), Thérèse Paré (ma prof de quatrième année), Rémi Boisclair (mon prof de sixième année), Yolande Prévost (ma prof de FPS de secondaire un et deux), Luc Gendron (animateur de pastorale), Colette Berthiaume (ma prof de français de secondaire quatre), Rodrigue Lapointe (mon prof de français de secondaire cinq), Solange Lebel (ma prof de communication au cégep). C'est d'ailleurs au cégep que j'ai rencontré Patrick Senécal, qui m'a transmis sa passion pour le cinéma et la littérature, et Grégoire Bédard, qui m'a appris la persévérance et le professionnalisme. À l'université, ce sont Camille Deslauriers et Christiane Lahaie qui ont changé ma vie. Je leur dois une grande partie de ma démarche d'écriture. Encore aujourd'hui, je les aime profondément, car elles ont fait de moi l'auteur que je suis.


Y a-t-il une suite à Benoit? Qu'est-ce qui arrive à Mini?! Parle ou coupe-moi la tête tout de suite!


Bon, mettons quelque chose au clair. Benoit est à ce jour le roman le plus long que j'aie écrit. Et ça n'a pas été un congé scolaire, crois-moi. Par contre, je replongerais avec plaisir dans l'univers d'AlphaLab pour raconter tout ce qui arrive à Mini après le roman. Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est que tu en auras un fragment dans le chapitre final, qui ne sera accessible que lorsque tous les romans de la série Cobayes seront publiés. D'ici là, tu dois te contenter d'harceler mon éditrice de supplications afin qu'elle me demande d'écrire l'histoire de Mini ;) C'est par ici. Pas obligé d'appeler, je suppose que 800 courriels suffiront...

D'où t'es venue l'inspiration pour écrire Benoit?

Le personnage de Benoit est une accumulation de dizaine de trucs. Je suis moi-même un passionné de cinéma et un geek fini. Si ce n'était de ma femme, qui m'incite à sortir dehors et à ne pas écouter que des reprises de Star Trek Origin, je serais une créature de l'ombre. Comme Benoit, j'ai une petite tendance à la dépendance affective, mais ma femme aussi, alors on s'entend bien ;)

Je prends constamment des notes dans un carnet, mais personne ne le lit, même pas ma femme. De toutes façons, mes pensées sont tellement hétéroclites d'une ligne à l'autre que seul un fan invétéré s'intéresserait à ce qu'il y a là-dedans. Et oui, parfois c'est très morbide. D'autres fois, une histoire de fées côtoie une liste d'épicerie. Bref, je trouve mon plaisir partout.

Ma femme est très proche de ses parents et les appelle encore tous les jours (s'ils ne le font pas avant). La différence, c'est que j'aime beaucoup mes beaux-parents. Ils m'ont accueilli comme un membre de leur famille avant même que je sois leur gendre, c'est dire à quel point ils m'aiment :)

Je suis aussi l'heureux propriétaire d'un Volkswagen Westfalia 1975. Je vadrouille sur les routes à la recherche d'une anecdote et d'un beau paysage, dans l'espoir d'y passer du bon temps avec mes enfants.

Ma famille et le Westfalia, amoureusement nommé Rossinante.

Le reste du livre se veut un hommage aux films de Tarantino et de Rodriguez, qui ont marqué mon adolescence. Quand à l'Asie, j'ai choisi la Malaisie parce que c'est l'endroit où l'on a enregistré le plus de cas de rage meurtrière, dont l'amok, qui rend un homme si violent qu'il ne s'arrête que lorsque son cœur cesse de battre. Hypermorbide. À partir de là, ç'a été beaucoup de recherche.

Pourquoi Benoit ne filme pas ses crimes? Ce serait logique, non?

En effet. Et c'était le cas dans la première version. Par contre, l'affaire Magnotta n'était vraiment pas terminé, et l'idée de filmer des meurtres d'une violence déraisonnable était de mauvais goût. Je savais bien que le reproche viendrait, parce que Benoit ne parle que de réaliser des films, mais j'espérais que les lecteurs verraient que l'intérêt de Benoit pour le cinéma diminue à mesure que le temps avance. Sa nouvelle passion devient la réalisation de ses fantasmes cinématographiques. À quoi bon une caméra, quand on peut vivre nos scénarios?

Écoutes-tu de la musique en écrivant?

Oh oui! Pendant l'écriture de Benoit, j'écoutais du métal/hardcore malaisien, mais aussi Slipknot, Imagine Dragons, et des podcasts de Bill Burr, un humoriste américain.

Pendant l'écriture de Parfaite, c'étaient les discographies de James Blunt et de Stromae qui m'accompagnaient.

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